Qu’est-ce que l’écopsychologie ?

Aujourd’hui, je partage avec vous quelques mots sur l’écopsychologie, est-ce que vous connaissez ? Les ressources en français sont encore relativement limitées sur le sujet, et pourtant, c’est à mon sens un courant de pensée porteur de nouvelles perspectives super intéressantes !!

Dans la rubrique écopsycho, je me suis lancée dans la réalisation de fiches-outils, que vous pourrez télécharger gratuitement, ces fiches-pratiques sont là pour vous aider à passer de la théorie au concret… Elles sont autant à destination des professionnels de l’enseignement, de l’éducation à l’environnement, des animateurs nature, des praticiens en tous genre qui peuvent s’en servir comme activités pour un atelier, un stage, que pour tout un chacun, donnant des idées et des inspirations pour mieux vivre en lien avec soi et avec la Terre…

Alors, vous l’aurez évidemment deviné, l’écopsychologie est une discipline émergente, qui marie l’écologie et la psychologie.

Discipline, à vrai dire pas vraiment. C’est plutôt un champ de recherche, une vision qui construit des ponts, de la transdisciplinarité…

C’est la volonté d’un mariage mutuel et fécond qui vient répondre aux interrogations suivantes : comment la psychologie peut-elle prendre en considération la dimension de l’environnement de l’être, pour soigner au mieux les maux de l’esprit ? Et comment l’écologie, peut-elle bénéficier des apports de la psychologie pour voir grandir son impact face aux défis actuels ?

La métaphore suivante viendra sans doute éclairer davantage ce qui est au coeur de l’écopsychologie…

Imaginons que vous êtes en croisière sur un beau paquebot, à bord duquel un psychologue propose des consultations. Pour x raisons, vous allez voir ce psychologue ; il fait peut-être du très bon travail, il vous aide à voir plus clair en vous, à vous sentir mieux. Maintenant, prenons du recul, de l’altitude… Ce paquebot sur lequel vous êtes, en réalité, n’est autre que le Titanic… L’utilité du travail thérapeutique entrepris, aussi qualitatif soit-il, ne perd-il pas alors tout son sens ?

L’écopsychologie vise à intégrer dans la démarche psychothérapeutique, et plus généralement, dans ce qui a trait au bien-être psychique de l’être humain, non pas seulement lui-même indépendamment de tout autre chose, non pas seulement lui-même dans la sphère de ses relations interpersonnelles, mais bien aussi, l’être dans la sphère plus large de son environnement ; en effet, comment concevoir que les constats alarmants et répétitifs sur l’état de la planète, la dégradation de nos milieux de vie, la disparition des espèces, l’épuisement de nos ressources, l’ombre du cancer, que les multiples sources de pollution qui nous touchent, comment imaginer que tout cela n’ait pas d’impact sur notre état psychique ?

L’écopsychologie alerte sur les travers d’une psychologie « hors-sol », qui occulterait tout ce pan de la réalité.

L’exemple de Joanna Macy est frappant : « Les thérapeutes tendent à considérer les sentiments de désespoir à l’égard de la planète comme les manifestations d’une névrose privée. Une fois que j’exprimais à une psychothérapeute ma colère face à la destruction des forêts vierges, elle m’informa que les bulldozers représentaient ma libido et que ma souffrance venait de la peur de ma propre sexualité ! »

D’un autre côté, chez les écologistes, après des années, des décennies d’un travail d’information, de sensibilisation, le constat en terme de résultats attendus, de changement de comportements, est un peu amer. L’écologie a donc tout à gagner à s’enrichir des travaux menés dans les sciences humaines et notamment dans la psychologie, pour mieux comprendre les mécanismes qui enferment les humains dans des modes de vie délétères pour eux-mêmes et pour la biosphère. Je pense notamment aux apports de la Psychologie Positive, qui sont à mon sens précieux, pour mettre à jour des leviers et ressources, pour donner des outils qui permettent à l’Homme de sortir de son inaction, son sentiment d’impuissance face à des enjeux qui semblent le dépasser, et trouver en quoi et comment il peut agir, et y trouver un bénéfice global : pour lui, et pour toute chose.

Voilà résumé en quelques phrases, « l’esprit » de l’écopsychologie, ses grandes lignes…

C’est ma frustration dans le travail que j’ai pu mener dans l’éducation à l’environnement, qui m’a amenée à m’intéresser au développement personnel, et découvrir, il y a peu, l’écopsychologie. Ayant tiré comme conclusion qu’on ne peut vouloir changer personne (vous pouvez prouver à quelqu’un par a + b que nous produisons « trop » de déchets, cela ne le fera pas changer pour autant, tout au plus déclencherons-nous chez lui une culpabilité, mais ce n’était pas l’effet recherché !) ; qu’une personne ne change que si elle en a le désir profond (alors comment puis-je faire naître ce désir chez quelqu’un ? Ou plutôt, comment puis-je amener une personne à sentir chez elle ce qui vit et qui veut être préservé, afin qu’elle mobilise par elle-même, les ressources nécessaires à une action juste ?) ; que par contre je peux me changer moi-même, et que ce faisant, mon monde change… En découvrant le courant de l’écopsychologie, j’ai trouvé une profonde résonance avec ce qui découlait de mon expérience, et ce à quoi j’aspirais. J’y vois une voie médiane, qui propose sans imposer, sans culpabiliser, sans jouer sur la peur… Qui ne met ni la nature avant l’Homme, ni l’Homme avant la nature.

Pour résumer sous un autre angle de vue, et de ce que j’ai retiré de mes lectures sur le travail de l’écophilosophe Joanna Macy, je dirai que l’écopsychologie descend le débat écologique du mental vers le coeur. On délaisse la confrontation des idées, purement intellectuelle, quantitative et froide, pour aller rencontrer ce qui vit en nous : notre évidente interdépendance, notre amour pour la vie, pour la terre…

Et il est tellement plus gratifiant et efficace de travailler à partir de ce moteur-là, l’amour, plutôt que la peur !

PS : Les ateliers de Reconnexion que je mets en place s’inspirent largement des outils de l’écopsychologie. Pour en savoir plus, c’est par ici

Oeuvrer pour la terre nous soigne bien souvent intérieurement. Et inversement, en prenant soin de nous, nous nous reconnectons aussi à la Terre. 🙂

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