Le bateau de la Transition

Cette histoire se passe dans un monde proche du nôtre. Les personnages sont des femmes et des hommes, comme vous et moi. Et vient un temps où la terre de ces hommes et de ces femmes, est devenue particulièrement inhospitalière, et ne permet plus de subvenir aux besoins de chacun. La nature semble se rebeller. Les terres sont devenues stériles…

Et un jour, un grand incendie se déclare. Vous savez, cet incendie, dans la légende du petit colibri… Voyons ce qui se passe du côté des humains ce jour là. Ce jour là, les hommes et les femmes n’ont d’autre choix devant le désastre, que de prendre un bateau, et de fuir… C’est ou bien partir, ou bien mourir.

Ils montent alors à bord d’un grand bateau, et prennent le large. Ils ne savent pas où ils vont. Ils quittent juste une terre en proie aux flammes, une terre sur laquelle ils ne peuvent plus vivre désormais.

Tout le monde pour l’heure, est en pleur, en proie au désespoir, car la rive connue, le monde auquel ils appartiennent, est en feu, et il leur semble que tout est perdu, qu’ils ont tout perdu. C’est si dur de perdre tout ce qu’on a, tout son monde connu, ses repères, ses attachements, ses habitudes…

Alors, ils regardent ce monde qui est déjà leur passé… Ils sont à l’arrière du bateau, criant et pleurant à la vue de l’ancien monde qui part en fumée.

Quelques personnes, une minorité plus pragmatique peut-être, ou plus aventureuse dans l’âme, se détache de la foule et part à l’avant du bateau : il va falloir donner une direction à ce bateau, il va falloir se diriger, mettre le cap sur une autre rive, une autre terre.

Au bout d’un moment, quelques personnes commencent à les rejoindre, et scrutent timidement l’horizon, en quête d’une terre nouvelle. Bientôt rejoints par d’autres. Ces personnes commencent à discuter, à s’organiser, à imaginer le futur, et leurs yeux brillent d’un nouvel élan. Ils invitent les autres à les rejoindre.

Mais il y a encore beaucoup d’angoisses, beaucoup de résistances. Pourtant, au fil de la traversée, le monde d’avant devient peu à peu un souvenir, une ombre, puis ce souvenir même s’estompe. Peu à peu, on réalise que l’on est toujours vivant après tout, que l’essentiel est là, dans la vie qui nous traverse, dans le moment présent, et… il se peut qu’on commence à apprécier la traversée… Et peut-être, qu’à ce moment là, un horizon finalement se dessine, à l’avant du bateau. On se presse pour aller voir. certains avec un peu d’inquiétude, d’autres de la curiosité, d’autre une impatience non contenue…

Je vous laisse imaginer, dans votre esprit, le rivage qui se dessine pour ces hommes et ces femmes : à quoi ressemble ce nouveau monde ? Qu’est-ce qu’on a envie d’y bâtir ? Comment se sent-on, à l’approche de la rive nouvelle? Ce nouveau monde, c’est comme une page blanche qui nous serait donnée, un nouveau départ, que veut-on y dessiner ?

Vous l’avez compris, le bateau symbolise la transition de notre monde, cela se passe dans notre monde, collectivement, mais aussi à l’intérieur de nous. Car nous avons tous en nous, des parts de nous qui, tels certains passagers, sont plus ou moins confiantes, inquiètes, attachées à diverses choses, et d’autres parts de nous plus aventureuses, plus imaginatives, plus ouvertes au changement.

Vous pouvez vous dire que vous ne savez pas quand aura lieu ce grand embarquement, et si vous oserez monter dans le bateau.. Mais pour tout dire, nous avons tous déjà embarqué. C’est à vous de choisir où vous portez votre regard : sur quelle rive est focalisée votre attention et votre énergie : dans le regret de l’ancien monde, ou dans la découverte et dans les projets du nouveau monde…

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