Fabriquer un petit autel familial

A mon Retour, parce que mon « chez moi » a fini par se résumer au contenu d’une valise, j’ai vite ressenti le besoin de recréer un petit quelque chose qui me soit familier, qui soit un rappel de ce qui compte pour moi, qui me recentre quand les bourrasques du changement m’emportent un peu trop ! Inspirée par le petit autel aux ancêtres qu’a construit mon papa-Jedi, j’ai eu envie de fabriquer moi aussi un autel, un mini-lieu de ressourcement qui me ressemble, au milieu de cet environnement tout neuf… Ce n’est qu’après coup que j’en mesure l’importance et les bienfaits, que je vous partage ici !

Avec quelques chutes de bois, construisez un petit autel aux lignes simples. Légèrement surélevé, il disposera d’une surface plane pour y déposer vos objets de culte, et d’un toit pointu. Peignez-le d’une couleur qui vous inspire la paix et la sérénité. Peut-être blanc, symbole de pureté et d’unité ? Bleu, comme l’immensité du ciel ?

Placez-y ce qui vous plaît, en fonction de vos croyances. Si c’est un autel aux ancêtres, placez-y des photos des êtres aimés disparus, ou quelque objet qui leurs sont liés. Si c’est un autel dédié à la méditation et à la dévotion, mettez-y une ou deux statuettes d’un saint, d’un bouddha, d’un ange, d’une divinité… Placez-y aussi une belle pierre (améthyste, cristal…) ou encore une bougie, un encens naturel…

Trouvez la place idéale pour votre autel, à l’écart des allers-venues de préférence. Selon les règles du Feng Shui, on le placera au nord-est, ou dans le domaine 8 du Pa-Kua, mais faites confiance à votre intuition pour le placer à l’endroit qui convient le mieux.

Sa fonction

Avoir un petit autel chez soi, c’est marquer une place sacrée dans la maison. Il permet de se rappeler, dans le flot des contingences matérielles de ce monde, que l’essentiel est ailleurs. Il ramène au coeur, à l’âme… C’est un lieu destiné à sa pratique spirituelle : méditation, prière… Un lieu pour déposer ses intentions de soutien, guérison pour ses proches quand c’est nécessaire. Regarder seulement ce petit îlot de zénitude vous procurera une sensation de réconfort et de paix intérieure. Il sera un refuge quand vous vous sentirez envahi par des émotions négatives, vous viendrez vous y ressourcer. Inventez vos petits rituels en lien avec lui. Venez y souffler vos souhaits, y réciter vos affirmations positives, y travailler votre gratitude (« aujourd’hui, je suis reconnaissant-e pour… »), y faire une méditation à deux avant de se coucher, etc.

Entretenez-le avec soin, et de temps à autres, pratiquez un nettoyage énergétique (pour cela, vous pouvez faire brûler de la sauge, ou visualiser une cascade d’eau pure qui vient le nettoyer, gardez simplement l’intention de purifier le lieu).

Plus vous nourrirez votre autel en en prenant soin, en en faisant un lieu vivant, plus il acquerra de force spirituelle, qui nourrira à son tour votre espace de vie.

Astuce : pour les voyages, j’avais l’idée d’un autel nomade : une petite boîte en bois dans laquelle on rangera quelques images ou mini-objets de culte. Ouverte et positionnée à la verticale, elle fera un joli diptyque devant lequel on pourra allumer une bougie par exemple.

Rencontrer sa divinité familiale

Vous avez peut-être une affinité avec un saint, un certain archange, qui trouvera naturellement sa place sur votre autel… Ou peut-être que vous aimeriez dédier cet autel à une divinité avec laquelle vous seriez particulièrement en résonance – une sorte de coach de « là-haut » pour vous – mais vous ignorez laquelle ? Traditionnellement en Inde, chaque famille est dévolue à un dieu ou une déesse (c’est à dire à une manifestation particulière du Dieu unique et Créateur) c’est iadevatâ, la divinité d’élection, ou divinité familiale.

Pour trouver sa divinité familiale, posez-vous ces quelques questions : quelles sont les valeurs qui vous lient ? Quelles sont les forces de votre famille ? Quel serait votre animal-totem familial, et pourquoi ? Que voulez-vous incarner en tant que famille ? Si votre famille devait être une couleur, un élément, une saison…?

Avec ces quelques éléments, parcourez des livres de mythologie, de symbolisme, faites connaissance avec les panthéons hindou, aztèque, amérindien, suivant ce qui vous attire, demandez intérieurement à être guidé vers votre divinité, vous tomberez certainement sur une figure qui vous parle, peut-être même la connaissez-vous depuis bien longtemps : imprégnez-vous de sa signification, sa symbolique. Peignez, sculptez-en une effigie et faites-lui une place sur votre autel. Faites-en quelque chose de léger, de ludique, qui serve le bien-être et les aspirations de votre famille, et non pas une bête idolâtrie !

De notre côté, nous hébergeons ainsi une représentation de Shiva Nataraja 😉 c’est le « shiva dansant » ; à la fois créateur et destructeur, il symbolise les cycles de l’univers compris comme une grande danse cosmique… Je l’ai peint aux poscas sur une pierre très élancée que nous avons trouvée en Ardèche.

Un pont vers l’Absolu

Enfin, j’aime aussi l’option de l’autel qui reste vide, pareil à un mirhab, cette niche/refuge qui donne l’orientation de la prière au sein des mosquées ; vide car il signifie l’absolue transcendance de Dieu : l’objet de notre dévotion et de nos prières est en réalité invisible, inaccessible par essence, littéralement « au-delà » et donc ne peut être représenté…

Car dans tous les cas, il faut bien se rappeler que ce n’est jamais la statue que l’on prie, mais toujours Dieu à travers elle, ou l’une de Ses forces, l’un de Ses attributs incarnés. L’objet de culte est un vecteur, un vaisseau que nous pouvons emprunter pour accéder à ce qui est au-delà

★ Puisse cette initiative vous apporter beaucoup de joie et de bien-être ★

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